C'est écrit … Par Delphine Goiset

Ecrire c'est ranger le bordel qu'on a dans la tête

Notes de l’auteur

Classé dans : Non classé — 19 janvier, 2015 @ 10:10

On ne s’improvise pas écrivain et je n’en ai pas la prétention mais un matin en me levant j’ai eu l’envie irrésistible de poser ces lignes sur le papier. Ces lignes qui au fil de l’eau sont devenues des pages et bientôt cet ouvrage.

Ce livre s’adresse à toutes les femmes qui je l’espère ont connu dans leur vie un grand amour aussi intense que celui raconté ici et à tous les hommes qui se reconnaitront peut être dans le personnage de Baptiste.

Ce premier roman représente pour moi la réalisation d’un projet de longue date et j’espère qu’il vous procurera autant de plaisir à le lire qu’il m’en a donnée à l’écrire.

Les personnages m’ont été inspirés par des personnes qui ont réellement fait parties de ma vie mais cet ouvrage appartient incontestablement au domaine de la fiction.

 

Bonne lecture.

Epilogue

Classé dans : Non classé — 19 janvier, 2015 @ 10:09

Baptiste est revenu à la campagne pour parler à Sarah qu’il n’a pas cessé d’aimer mais ils n’ont pas réussi à surmonter leurs problèmes. Tous les deux ne croient pas aux hasards de la vie.

Baptiste a continué les cours Florent mais est finalement devenu PDG de toute une chaine de vidéos club après avoir refusé des rôles dans des séries B et téléréalités  qui ne lui correspondaient pas du tout. Il est en couple aujourd’hui et a deux merveilleux enfants.

Lou-Anne a finalement quitté Julien en bon terme et cherche encore le grand amour. Elle habite désormais en région parisienne et s’y plait énormément contrairement à Sarah qui n’a plus jamais quitté sa campagne natale.

Sarah a obtenu son diplôme universitaire avec mention malgré ses absences répétées mais essaye toujours de percer dans la chanson. Elle s’est mariée à Jérémy qu’elle a rencontré un an après sa rupture avec Baptiste et a deux petits garçons qui font sa plus grande fierté.

Sarah et Lou-Anne sont toujours aussi proches et ne passent pas une semaine sans se contacter.

La première impression de Sarah était bien la bonne, Sam et elles ne se sont plus jamais quittées et se voient régulièrement pour la plus grande joie de leurs enfants respectifs.

Camille est définitivement sortie de la vie de Sarah.

Quand le destin s’en mêle-chapitre 53

Classé dans : Non classé — 19 janvier, 2015 @ 10:08

Par cette douce soirée d’été, je tremble .Tout mon corps est traversé d’intenses secousses. J’ai 30 ans aujourd’hui difficile à digérer et pourtant tous mes souvenirs sont aussi précis que ma journée d’hier. La nuit est tombée et des milliers d’étoiles illuminent le ciel. Je regarde une dernière fois la rue qui a abrité mon enfance et adresse un dernier sourire à cette bâtisse qui m’a vu naitre. En quelques heures c’est toute une histoire d’amour que j’ai revécue. Les meilleurs comme les pires moments de mon existence. L’éternelle question demeure : est-ce de cette façon que notre histoire doit se terminer ? J’entends au loin le grondement d’un moteur. Une voiture s’approche. Je peux maintenant distinguer les feux avant. Je reconnais le véhicule.

Du haut de mon toit, j’ai beaucoup de mal à discerner clairement la silhouette qui avance doucement dans ma direction. J’entends une voix qui m’appelle et l’Eglise encore ouverte en renvoie l’écho. J’ai reconnu cette voix ! Cette voix qui m’a confiée ses secrets, qui m’a hurlée dessus  tant de fois, qui m’a rassurée, cette voix qui m’accompagne depuis 20 ans aujourd’hui, presque celle de ma conscience ! Oui c’est-elle : Lou-Anne ! L’amour n’a pas eu raison de notre amitié qui s’est renforcée d’année en année pour devenir indestructible. Il sort de la voiture et rejoint Lou- Anne ! Ils m’ont cherchés toute la journée ! Ils sont inquiets je peux le voir à leur démarche et au tremblement de leur voix ! Ils doivent se demander ce que je fais perchée la haut adossée à un clocher ! A l’arrière du véhicule je distingue deux tâches sombres ! Les deux enfants dont j’ai toujours rêvés ! La lune éclaire la chevelure blonde de mon petit garçon ! Rien n’est dû au hasard et notre choix n’a pas dû être si mauvais puisqu’ils sont là ! Il lève la tête dans ma direction, il a les traits tirés et encore une fois à cause de moi !

Il grimpe avec assurance pour me rejoindre en haut me serre dans ses bras et m’embrasse tendrement ! Sa main m’invite à descendre mais l’exercice est périlleux .Je ne sens plus vraiment le bout de mes doigts gourds ! A peine je pose les pieds à terre que Lou-Anne m’enlace tout en me jetant à la figure toute l’inquiétude qu’elle a accumulée au cours des dernières heures ! Son étreinte me réchauffe, ma meilleure amie ! Que peut-on trouver de plus fidèle, de plus aimant, de plus généreux qu’une amie ?? Il nous regarde, il semble attendre son tour ! Je lui souris et l’embrasse langoureusement ! Mes lèvres gelées profitent de la chaleur de sa bouche ! Jérémy, mon mari, le père de mes enfants.

 

 

L’amitié est peut être un sentiment moins grisant que l’amour mais il ne subit pas l’érosion du temps.

Je pars-chapitre 52

Classé dans : Non classé — 19 janvier, 2015 @ 10:05

 Ca fait maintenant plusieurs jours que je suis rentrée et même si j’ai l’impression que l’air de la campagne attise ma joie de vivre, j’ai la certitude que je ne serais plus jamais la même. Baptiste me manque et je ne pense pas être capable de l’oublier ! Nos souvenirs sont pour moi plus précieux que de l’or. J’ai trouvé la force de les enfermer dans une boite que j’ouvre chaque soir en secret à l’abri des regards bienveillants de ma famille. Nos photos, ses lettres, ses cadeaux, tout sauf cette moitié de cœur qu’il m’a offert lors de notre premier Noël ensemble et sans laquelle je me sens nue et désuète. Si je l’enlevais se serait comme accepter que c’est fini mais ça ne le sera jamais !

Entourée par ma famille, je sens que je remonte graduellement la pente mais la moindre allusion à lui,  une mélodie  que nous avons écoutés ensemble et parfois juste une odeur, un parfum, me replonge dans cette détresse qui fera certainement  partie de moi à jamais. Je n’y arrive pas toute seule, enfermer en moi mon mal être ne me guérit pas. Je ne fais que me voiler la face ! J’ai besoin d’une oreille attentive, d’une présence réconfortante à mes côtés, une personne qui ne me jugera pas qui sera juste là pour moi. L’évidence s’impose à moi,  seule Lou-Anne peut remplir ce rôle. Trois sonneries et déjà sa voix si familière m’apaise. Elle ignore encore que j’ai quitté Paris, Baptiste et toute cette vie sans intérêt. J’entends un sourire dans sa voix et je me demande maintenant si lui imposer tout ça n’est pas purement égoïste de ma part encore une fois. Lou-Anne m’interrompt dans ma réflexion :

- Sarah ? Est-ce que ça va ? Ce n’est pas dans tes habitudes de rester silencieuse comme ça ?

- Je vais bien ! Très bien, je voulais juste prendre de tes nouvelles, je n’ ai pas eu l’occasion de te téléphoner depuis longtemps et tu me manques !

- Sarah je t’ai connue plus convaincante ! Dis-moi la vérité ! Tu sais que je suis là pour toi n’est-ce pas ?

Qu’elle me semble ridicule cette question ! Bien sûr que je le sais ! En dix ans elle a toujours été là pour moi bien plus que moi pour elle.

- Excuse-moi Lou-Anne ! Je ne veux pas te déranger avec mes problèmes mais je ne n’ai personne d’autre vers qui me tourner …

- Racontes moi ! Une meilleure amie c’est fait pour ça !

Je ne peux plus parler ! Je sens une boule d’angoisse m’emprisonner la gorge ! J’éclate en sanglots ! C’est trop difficile ! Dire que je l’ai quitté c’est l’accepter et c’est impossible.

- Sarah ? Tu veux que je vienne ? Tu ne peux pas rester comme ça ! Parler te soulagera ! J’arrive !

Les cliquetis de talons sur le carrelage du rez-de-chaussée me sortent de ma torpeur ! Lou- Anne ? Non certainement pas avec ce type de chaussures, Lou-Anne l’adepte du pratique plutôt  que de l’esthétique ! Mes parents ? Non, ils se sont absentés pour la journée et mes sœurs sont sorties avec leurs petits copains respectifs ! Pendant une très longue minute j’espère de toutes mes forces qu’il s’agit de Baptiste mais j’entends le grincement de la première marche de l’escalier ce qui m’ôte tout espoir ! Baptise a monté et descendu ces marches des milliards de fois et c’était devenu pour lui un automatisme d’éviter la première surtout lorsqu’il me rendait visite tard le soir en utilisant sa clef et que mes parents étaient déjà couchés et depuis quand Baptiste est-il adepte des talons aiguilles ? L’espoir fait vivre mais  est plein de désillusion !

Un léger toc-toc, plus de doute je reconnaitrais sa façon de frapper entre mille. Elle est magnifique ! Cette histoire avec Julien l’a assurément fait grandir. Elle porte une

Robe longue, noire, moulante, légèrement décolletée, rehaussée d’un petit blouson en jean cintré vintage qui lui donne un petit air de jet setteuse ! Et surprise, elle a enfilé des escarpins en cuir satiné noirs avec au moins 7 cm de talon. Rien à dire elle est sublime et là voir comme ça me redonne un peu de baume au cœur. Elle s’avance vers moi, s’assied sur le lit et pose sa main sur la mienne.

-Sarah ? Dis-moi ce qui ne va pas ! Je te connais par cœur et je ne t’ai jamais vu aussi mal ! Je ne supporte pas de te voir dans cet état !

-Lou-Anne c’est affreux ! Je suis partie !

- Comment ça partie ? Tu veux dire que tu es rentrée pour le week-end ?

- Non Lou-Anne, pas seulement pour le week-end ! Pour toujours ! J’ai quitté Paris, l’appartement, Baptiste ! Tout …

C’est dans mon oreiller que j’étouffe mon Tout afin de le rendre moins réel.

- Sarah ? Vous avez eu une dispute avec Baptiste ? Tu sais c’est le lot de tous les couples ! Rien n’est toujours blanc ou noir ce n’est pas à toi que je vais apprendre ça ?

- Non tu ne comprends pas ! On ne s’est pas réellement disputés ! Ca fait des mois que rien ne va plus entre nous ! Il travaille tout le temps, quand il ne bosse pas il est en cours ou en répétition privé ou en casting et je n’en peux plus ! J’en ai marre de tout ça ! Nous sommes devenus des étrangers l’un pour l’autre ! On ne se voit plus ! Je suis sortie tous les soirs pendant des mois faire la fête avec des amis pour ne pas avoir à faire face à notre déchéance. Je ne pouvais plus supporter de le voir impuissant, inactif, résigné devant nos problèmes ! J’ai essayé de lui dire mais ça n’a rien changé ! Nous ne vivons plus dans le même monde, nous n’avons plus les mêmes attentes envers la vie ! Paris nous a tués !!!

- Sarah ! Il t’aime ! Ce qu’il ressent pour toi, rien ne pourra jamais le briser !

- Je sais qu’il m’aime encore et c’est la même chose pour moi mais s’il ne fait un pas vers moi on ne pourra pas continuer ! Paris c’est fini pour moi il doit faire son choix !

- Tu lui as dit que c’était toi ou sa vie à Paris ?

- Non, ça reviendrait à lui dire c’est moi ou ta passion pour le cinéma ! C’est moi ou avoir la possibilité de réaliser tes rêves ! Tu ne l’as pas vu sur scène Lou-Anne ! Il a du talent et je ne peux pas lui demander de gâcher sa vie pour moi ! Et j’ai fait beaucoup trop d’erreurs pour qu’il me pardonne ! Et de son côté je reste persuadée qu’il m’a trompé !

- Sarah !! Baptiste te tromper ? C’est irréaliste !

- Il a beaucoup changé tu sais !

- Sarah il reviendra il est fait pour toi !

C’est sur ces paroles réconfortantes que Lou-Anne se lève afin de mettre un peu de musique ! C’est la première fois que je préfère le silence. Lou-Anne s’allonge près de moi et reste ainsi jusqu’a ce que morte de fatigue, épuisée de chagrin je m’endorme d’un sommeil habité par le visage souriant de Baptiste.

Si proche et pourtant si loin-chapitre 51

Classé dans : Non classé — 19 janvier, 2015 @ 10:01

 Les souvenirs de ce séjour au ski resteront gravés dans ma mémoire. Le retour à la maison a été difficilement supportable. Je pensais que nos retrouvailles auraient le goût sucré de notre rencontre mais pas du tout. Je n’ai même pas le sentiment de lui avoir manqué. La vie reprend ses droits. Le temps passé avec Baptiste fond comme neige au soleil. Il se consacre de plus en plus à son rêve, entre castings, cours et séances photos et passe de plus en plus de temps au vidéo club ! Tellement de temps que je doute réellement de ses motivations à travailler autant. De mon côté je fréquente de plus en plus souvent Steve et Alex, avec eux la vie est plus acceptable ! Nous sortons beaucoup, cinéma, bowling, billard, visites diverses et surtout passons pas mal de nos soirées dans un petit café égyptien où l’ambiance est très cosy. Le patron qui commence à bien nous connaitre nous réserve régulièrement sa pièce au sous-sol ! C’est une magnifique cave voutée tout en pierre cerclée de banquettes multicolores recouvertes de coussins doux et soyeux. La décoration est sobre mais de bon goût ! Les narguilés sont superbes et ici nous trouvons tous les parfums de chicha possible et imaginable. La plupart du temps, j’opte pour celui à la rose qui me procure un plaisir incommensurable. Fumer au narguilé me délasse et cet arrière-goût acidulé qui subsiste après nos soirées me permet d’adoucir mes pensées une fois rentrée. Il nous arrive également de danser. Ici nous sommes complètement coupés du monde extérieur et ça me fait du bien.

Baptiste apprécie de moins en moins mes sorties nocturnes, il m’arrive même de ne pas rentrer de la nuit de peur de retrouver l’appartement vide. Il ne supporte pas l’idée que je fréquente Steve et Alex, pourtant il ne fait rien non plus pour m’en dissuader. Paisiblement nous laissons sombrer notre couple.

Malgré les sorties, mes nouvelles fréquentations, ma rencontre avec Sam je me sens vide. Je voudrais courir vers Baptiste lui dire que tout ça nous tue, le faire réagir mais quelque part cela reviendrait à lui demander de laisser tomber ses rêves pour moi et je n’en ai pas le droit ! Une part de moi voudrait remuer ciel et terre pour nous sortir de cette impasse mais une autre aimerait sauter du navire en marche pour ne plus avoir à vivre tout ça ! Il ne le sait pas mais la jalousie me ronge ! A l’idée qu’il côtoie tous les jours toutes ces magnifiques nanas au cours Florent, ça me rend malade. Si encore tout allait bien dans notre couple, je pourrais peut être en faire abstraction, mais là c’est clair il ne peut que me tromper ! Et plus cette idée s’insinue insidieusement dans mon esprit plus l’envie de le faire souffrir me taraude ! J’ai besoin d’amour, je ne suis pas capable de me contenter de miettes ! Je veux Baptiste ! Je veux quitter cette ville qui m’oppresse ! Je veux revenir à l’époque du lycée, ça c’était le vrai nous ! Je refuse de grandir ! Un amour soumis aux règles, aux aléas de la vie j’en veux pas ! Je ne peux me résoudre à ça ! Je veux le Baptiste fusionnel ! Celui qui aurait gravit des montagnes pour moi ! Je veux la passion ! Ce qu’il reste de nous je ne peux pas l’accepter et je ne veux même pas le voir ! Je préfère fuir que de faire face à ce désastre ! J’ai l’impression d’étouffer ! Et il ne semble même pas s’en rendre compte ! J’ai tellement mal que je ne réfléchis plus à rien ! Je cherche juste à  profiter de la vie même si elle est maussade sans lui ! Tout ce que je peux faire ne comble pas le vide qu’il m’a laissé  alors je sors encore plus, je bois encore plus !! Et il arrive un moment où l’on se rend finalement compte que tout ça ne mène à rien. Et là, je me recroqueville sur notre lit en position fœtale et je pleure, seule façon que j’ai trouvée d’évacuer toute cette douleur. Le flot de larme grossit encore et encore. Je suis intarissable. J’ai envie de tout casser parce qu’il n’a rien compris ! Parce que c’est trop tard ! Parce que j’ai fait n’importe quoi !

Je reste prostrée comme ça sans bouger des heures durant ! Mes yeux sont gonflés et rouge sang ! Je n’ai plus envie de rien ! La vie est moche ! Et je n’ai que 19 ans ! Dans un dernier espoir, je me rends chez le médecin qui consulte au bout de la rue ! J’ai besoin d’aide, il faut que quelqu’un m’écoute ! Assise devant elle dans son cabinet, je sanglote, ma vision se brouille, mes phrases n’ont aucun sens et je ne suis presque plus consciente de ce qui sort de ma bouche. Elle diagnostique une dépression et me prescrit des médicaments. Je fonde tous mes espoirs dans ces petites pilules, c’est peut-être la clé du bonheur. Finalement au bout de quelques jours, elles m’abasourdissent complètement. Et je ne fais que pleurer, pleurer, pleurer ! Mais je ne pense plus, mes angoisses ont disparu et je n’ai pas à y faire face ! Pour autant je me sens toujours aussi mal ! Je ne peux pas continuer comme ça, je ne suis plus maitre de moi-même. Quand Baptiste est auprès de moi j’arrive à refouler les larmes mais dès qu’il quitte l’appartement, je me mets dans des états catatoniques.

Pendant un moment de lucidité, j’entrevois enfin la solution à mon problème ! Quitter Paris ! Quitter Baptiste et rentrer chez moi dans ma famille où je me sentirais aimée et en sécurité. C’est tellement simple que ma valise est prête en quelques minutes ! A son retour, j’annonce la nouvelle à Baptiste. Je n’ai pas l’impression qu’il réalise vraiment mais ça n’a pas non plus l’air de l’anéantir et pourtant maintenant encore et même après tout ce qui est arrivé je l’aime toujours ! J’ai envie qu’il me prenne dans ses bras, qu’il décide de quitter Paris, de rentrer avec moi ! De reprendre notre relation avant notre arrivée dans cet appartement ! Je sais qu’il ne dira rien de tout ça et pourtant je sais aussi que c’est notre seule chance d’y arriver ! Je ne suis plus capable de vivre tout ça ! Plus capable de faire face à mes erreurs et aux siennes ! Je veux qu’on tourne la page ! Que notre vie ici ne soit qu’un cauchemar, une pure invention de mon esprit !

Alors je pars !

Les jours passent et ne se ressemblent pas: en théorie-chapitre 50

Classé dans : Non classé — 19 janvier, 2015 @ 9:57

Couchée tard, levée tôt, bon exercice de préparation à une future vie de maman. Baptiste m’envoie quelques messages, les « je t’aime » et « tu me manques » ont laissés la place à des « Je t’embrasse »  « à bientôt » qui deviendront très vite des « tu fais quoi ce soir » « je rentrerais tard ». De mon côté je réalise que nous sommes en avance sur la plupart des couples de notre âge. Ils ne sont que très rarement installés ensemble et ne partagent pas notre degré d’intimité ! Nous sommes peut être allés un peu trop vite, pourtant une part de moi reste convaincue que c’est lui ! Etrangement je n’ai pas l’impression de le perdre mais plutôt le sentiment perturbant qu’il me perd !! Ces derniers jours avec Sam ont été bénéfiques pour moi ! La lumière qui s’était éteinte avec la grisaille parisienne reprend peu à peu de son éclat même si sans Baptiste elle ne pourra retrouver sa beauté d’autan. J’ai peur ! Peur de succomber aux avances d’un jeune homme mystérieux qui me ferait sentir de nouveau heureuse, même si une nouvelle histoire ne m’apporterait  jamais ce que nous avons partagés avec Baptiste ! Cette crainte de céder à la faciliter sans me battre pour sauver mon couple me tenaille et prend de plus en plus d’ampleur. Je doute non pas de ses sentiments mais de la vie qu’il souhaite avoir ! Est-ce-que cette situation le comble vraiment ? Le boulot, ses cours, les weekends séparés ?! Au fil du temps, j’ai  la sensation de partager mon appartement  avec un colocataire. On se croise à peine, l’un dort quand l’autre rentre ou part … C’est d’une tristesse que je ne peux décrire ! Je l’aime toujours mais on va droit dans le mur ! Les journées défilent à une vitesse vertigineuse.

Depuis que j’ai rencontré Sam l’avenir à l’école me semble plus supportable.

Une nouvelle amitié contre un amour en berne-chapitre 49

Classé dans : Non classé — 19 janvier, 2015 @ 9:55

 L’écran de mon portable est toujours vierge de tout message ou appel de Baptiste. Je n’ai pas le temps de le contacter ce matin alors je me réserverais la pause déjeuner pour entendre sa voix  rauque et douce qui me manque désespérément. La matinée s’est extrêmement bien passée ! Je suis en équipe avec les 3 garçons  qui  partagent ma chambre et j’apprends à les connaitre sans appréhension ! Ils sont supers avec moi ! Je suis la seule fille alors je profite de leur âme chevaleresque pour me faire porter mes skis, valises ou autres objets encombrants ! Ils me laissent même la priorité dans la salle de bain et hier soir ils m’avaient laissés une part des lasagnes qu’ils avaient préparées et qui a servi à éponger l’alcool absorbé avec Sam. Nico est très drôle, toujours le mot pour rire et détendre l’atmosphère. Il passe tout son temps libre à dormir, il faut le secouer au moins trois fois le matin pour qu’il parvienne à se lever. Chris est le beau gosse de la bande, de grands yeux bleus azurs plein de promesses, des pectoraux à faire pâlir pas mal de mes connaissances masculines et d’une gentillesse naturelle. Sa chérie lui manque beaucoup alors souvent, il se confie à moi et me demande mon avis de femme. Il me fait penser à Baptiste et moi, avant ! Avant que la vie soit disant trépidante parisienne vienne abimer notre relation. Fred pour conclure le trio est très réservé et d’un sérieux impressionnant ! Je ne suis pas certaine qu’il ait un jour ne serait-ce qu’une fois fait usage de ses zygomatiques. Ca ne l’empêche pas d’être plutôt agréable quand il ne tombe pas dans le sarcasme.

Nous avons choisi de mettre sur le marché un produit qui va révolutionner le monde ! Un bandeau pour cheveux dans un tissus élasthanne qui aura la propriété de s’adapter parfaitement à la physionomie de la tête de chacun et qui permettra aux skieurs de ne plus jamais être gênés pendant leur descente !  Evidement cette idée m’a été inspirée par ma rencontre avec Sam. Nous sommes conscients que ce projet ambitieux restera à jamais dans les annales des inventions qui ne verront jamais le jour mais très sincèrement cela nous est complètement égal !

Nous avons planché toute la matinée sur ce projet sans rechigner à la tâche et comme cela avait été dit lors de la réunion, à partir de 13 heures, nous sommes libres de gérer notre emploi du temps à notre guise.

13 heure, je retrouve donc Sam en bas des pistes de ski, prête pour sillonner la montagne. J’ai tressé mes cheveux en deux nattes blondes qui encadrent joliment mon visage et ma combinaison rose et verte semble dire clairement : non elle n’est pas à moi, je l’ai emprunté parce que clairement je ne sais pas skier ! Avec un peu de chance ça ne se verra pas ! J’aperçois Sam à quelques mètres de moi ! Une combinaison noire bien ajustée, des lunettes noires pour parfaire le tableau, toujours son bandeau vert dont s’échappe encore sa crinière qui la rend encore plus fauve et petit détail non négligeable, un bonnet en laine multicolore surmonté d’un gros pompon rose tombant dans son cou ! Elle a la classe Sam et apparemment vu l’aisance avec laquelle elle se déplace les skis déjà chaussés, elle sait skier ! Il va falloir prendre sur moi et tenter de suivre ! Mais c’est quoi ces espèces de barres métalliques que les skieurs attrapent pour se déplacer vers le haut des pistes ! Ça n’a pas l’air très stable et avec mon équilibre légendaire je ne suis pas sure qu’utiliser ces trucs soit l’idée du siècle !

Sam passe devant moi et me demande de là suivre vers ce qu’elle qualifie de tire-fesse et que personnellement j’aurais appelé casse-gueule ! Bref, je là suis en prenant mon air le plus audacieux possible !

La barre passe près de Sam, elle s’accroche à elle  nonchalamment et commence son ascension avec tellement de facilité que je reproduis rapidement ses mouvements sans trop de craintes. Les tires- fesses nous entrainent vers le sommet, de plus en plus haut mais jusqu’où ? Et si en haut il n’y avait que des pistes noires ! C’est bien joli de jouer les alpinistes mais je ne sais pas skier et Sam n’en a pas la moindre idée. J’aperçois bientôt le sommet ! Reste à savoir à quel moment il faut lâcher ! Sam est quelques mètres devant moi, je peux là voir se décrocher calmement de la barre et glisser gracieusement un peu plus loin ! Ca va bientôt être mon tour ! Comme je m’y attendais, je tente de lâcher la barre métallique dans un geste maladroit mais c’est beaucoup trop tôt. Au lieu de descendre tranquillement derrière la petite bosse servant de butée en haut du tire-fesse, je glisse lentement mais vers le bas des pistes ! Prise de panique, je me jette sur le sol dur froid et neigeux et m’étale au milieu de la piste de tire-fesse ce qui provoque la chute de tous les skieurs derrière moi jusqu’à l’arrêt complet de cette machine infernale ! Malgré la douleur, due non pas à ma chute, soit dit en passant très bien contrôlée, mais au coup assené par le jeune homme derrière moi pendant  qu’il tombait sur le sol par ma faute, je ne peux m’empêcher de rire à gorge déployée. Dans un premier temps, je n’entends même pas la voix forte et stridente du technicien qui gère les remontées  mécaniques et qui m’ordonne en colère de bien vouloir dégager le passage ! J’adore le ski !

Tentative infructueuse-chapitre 48

Classé dans : Non classé — 19 janvier, 2015 @ 9:52

 J’appréhende énormément cette semaine sans Baptiste. De plus, je n’ai toujours pas lié de réelle amitié avec mes camarades de classe et j’ai préféré choisir de partager la chambre de 3 garçons de ma section plutôt que d’avoir à supporter les filles, en les entendant parler chiffons et people pendant toute une semaine. Ce séjour promet d’être long et déprimant à souhait.

Je viens de poser ma valise sur le lit .Après quelques heures en bus nous sommes enfin arrivés à destination. Les chambres sont sobres et minuscules mais je n’ai qu’une envie dormir. Dans deux heures nous devons tous nous rendre dans la salle de séminaire pour faire le point sur le déroulement du séjour et le travail à effectuer car nous ne sommes pas là en vacances s’obstinent-ils à nous rabâcher !

Avant de m’assoupir, je téléphone à Baptiste pour qu’il sache que le voyage s’est fait sans encombre. Une, deux, trois, quatre sonneries rien ! Je me contente de sa voix sur son répondeur pendant que mes joues ruissellent de larmes.

Cette petite sieste a été fort réparatrice, la tristesse a laissé place à la détermination. Il ne me reste que quelques minutes pour être à l’heure à la réunion. Celle-ci semble interminable. Après 1H30 de monologue de l’animateur nous sommes enfin libres pour la soirée. Je regarde l’écran de mon téléphone, aucun nouveau message ! Je n’ai rien à faire ce soir, personne avec qui faire la fête, alors je décide de m’installer au bar de l’hôtel dans un rocking-chair en cuir marron usé mais confortable. La salle est spacieuse, 3 billards et 1 babyfoot trônent fièrement au centre ! Autour des tables rondes toutes entourées de 4 fauteuils semblables à celui qui me sert d’assise ! Je n’ai pas réellement la tête à m’amuser. Pour passer le temps, j’entreprends de téléphoner à Lou-Anne mais le réseau est très mauvais à l’intérieur, j’enfile ma doudoune qui me donne l’air d’un gros boudin, emporte mon verre de bière et m’installe à l’entrée du bar en espérant avoir plus de chance avec le réseau ! Alors que je ne parviens pas à obtenir de tonalité, j’entends une voix féminine lancer quelques jurons ! A quelques mètres de moi, une belle brune emmitouflée elle aussi sous de multiples épaisseurs tente désespérément de passer un coup de fil ! Je ne peux m’empêcher de rire en la voyant s’acharner de la sorte. Nos regards se croisent, elle me sourit et en cet instant je comprends que j’ai enfin trouvé parmi cette bande de snobinards qui m’entourent une personne qui me ressemble et avec qui je pourrais créer des liens solides. Elle dégage quelque chose de sauvage et d’intrigant à la fois ! Je ne la connais pas encore mais cette fille me fascine.

Ça fait longtemps que je n’ai pas eu envie de faire de nouvelles connaissances ! Mais ce soir, c’est inexplicable, j’ai vraiment besoin de compagnie. L’air glacé me coupe le souffle. Tout dans mon champ de vision est éblouissant de blancheur. La neige renforce encore la pâleur du teint de mon inconnue. J’attends qu’elle cesse de s’acharner inutilement sur son portable et amorce un semblant de conversation.

- Salut, toi aussi tu cherches à joindre quelqu’un ? (Quelle est ridicule cette remarque !! Non non elle a le bras en l’air depuis presque 5 longues minutes et gigote dans tous les sens en jurant contre le réseau mais c’est juste pour le plaisir ! Quelle blonde je fais ! )

Tu dois certainement être chez SFR, on ne capte rien du tout ici ! Et en plus on se les caille ! Ça ne te dirait pas de boire un verre avec moi ? Il fait meilleur à l’intérieur.

- Si pourquoi pas, de toute façon j’ai rien prévu ce soir ! Sophie et Fabien s’octroie une petite soirée en amoureux, ils m’abandonnent !

C’est avec un sourire moqueur qu’elle avait dit cette dernière phrase, un sourire avenant qui me donnait envie de mieux la connaitre.

Nous sommes donc rentrées nous réchauffer près de la cheminée au fond de la salle que je n’avais pas remarqué un peu plus tôt. En même temps, elle était toute petite comparée à la taille de la pièce.

Le serveur d’un air dédaigneux prend notre commande. Elle demande une bière blonde, je le suis dans ce choix, nous avons déjà deux points communs.

C’est elle qui brise la glace la première:

- Alors comme ça, on est dans le même établissement ? Je ne t’ai jamais vu avant ! Il faut dire qu’on est nombreux pourtant j’ai un très bon sens de l’observation !

- Oui, je suis spécialisée en commerce internationale.

- Ok, moi j’ai opté pour la comptabilité, on doit avoir quelque amphi en commun.

- Surement ! Je t’avoue que je ne m’attarde jamais dans l’école, je suis les cours obligatoire, les travaux pratiques mais rarement les amphis. Je ne peux pas dire que j’apprécie d’étudier ici ! C’est une école super cotée mais j’ai du mal avec la faune !

Tout en riant et en repoussant une mèche brune indisciplinée qui s’est échappée de son bandeau vert en belle harmonie avec ses petits yeux noisette elle confirme mon opinion :

- C’est vrai que les élèves ici sont plutôt des fils et filles à papa et que je ne m’identifie pas vraiment à eux  mais tu verras, il y en a des sympas tout de même! Il faut juste bien chercher ! Je te présenterais quelques personnes si tu veux ! Ils ne sont pas dans ta spécialisation, mais on doit bien avoir quelques concordances dans nos emplois du temps.

- Merci c’est gentil ! Tu es la première personne que je rencontre et avec qui je ne ressens pas le besoin de faire comme si j’étais une autre.

- Je te retourne le compliment ! On trinque ?!

- A quoi ? Aux belles rencontres qui changent la vie.

Je ne peux m’empêcher de penser à Baptiste qui a bouleversé la mienne. Je me demande où il est à ce moment précis, ce qu’il fait et avec qui ? Je suis de plus en sure qu’il me trompe et ça me transperce le cœur !

Je romps ce silence

- Au fait, je ne t’ai pas demandé ! Tu t’appelles comment ?

- Samantha mais tout le monde m’appelle Sam et toi ?

- Sarah, mais à l’école personne ne m’appelle ! Un clin d’œil  malicieux  accompagne ma tirade qui se voulait ironique et elle me le rend immédiatement.

La soirée se déroule de façon cordiale, j’apprends à la connaitre, elle se livre facilement. Je lui parle de Baptiste et elle de Benjamin. Je ne la connais pas encore assez pour la saouler avec mes problèmes de couple mais déjà bien assez pour commander une deuxième tournée. L’un des billards est disponible, le café n’est pas bondé ce soir, le calme ambiant nous permet de discuter facilement. Chacune de nous cherche à impressionner l’autre en faisant comme si ses coups étaient calculés mais aucune de nous n’est dupe. Je me rends compte que je n’ai jamais joué avec Baptiste ! J’adore le billard et souvent le weekend,  lorsque je rentre à la campagne sans lui, Lou-Anne et moi nous rendons dans un pub très sympa pour nous entrainer ! Et à chaque fois je lui mets la pâté ! Aujourd’hui ce n’est pas le cas, le niveau est similaire ! Ni mauvais, ni pro non plus. Nous parlons de nos parents, de nos frères et sœurs, de nos amoureux, de nos projets futurs sans trop s’étaler et surtout nous rions de bon cœur car nous partageons le même humour parfois scabreux ! Finalement l’expression la première impression est très souvent la bonne prend tout son sens ! Sam me ressemble beaucoup ou l’inverse après tout. Nous continuons à siroter bière sur bière et peu à peu nos langues se délient ! Sam me confie qu’elle a deux amoureux actuellement et qu’elle ne peut pas se décider à trancher car ils sont très différents et lui apportent ensemble ce qu’elle recherche chez un homme.  Je ne la juge pas. De mon côté je lui expose la situation avec Baptiste et j’apprécie énormément sa façon de me conseiller sans pour autant s’immiscer dans une histoire qu’elle ne connait pas dans le détail. Décidément cette fille me plait beaucoup !

Il est déjà tard, nous avons enchainé les parties sans même nous en rendre compte et demain matin il faut bosser sur nos projets : créer une entreprise virtuelle et gérer l’intégralité des facettes de cette création , choix du produit , packaging , réseau de distribution , publicité , communication avec les fournisseurs et les clients , cibler nos acheteurs potentiels , bien choisir les matières premières si notre produit nécessite une transformation , établir les bilans prévisionnels , bref mettre en pratique toutes les matières étudiées à l’école sur un cas concret.

La veste-chapitre 47

Classé dans : Non classé — 19 janvier, 2015 @ 9:35

Avant mon départ au ski, Baptiste souhaite rentrer à la campagne chez ses parents pour que nous puissions nous retrouver comme avant et resserrer les liens entre nous qui, actuellement font penser à un vieil élastique à cheveux détendu qu’on aurait utilisé quelques années durant . Cette idée me ravie ! Je fonde énormément d’espoir en ce week-end champêtre loin de la grande ville, loin de mes démons. Ses parents sont extrêmement heureux de nous voir car eux aussi souffrent cruellement de l’absence de leur fils ainé ces dernières semaines. Bizarrement je ne me sens plus aussi à l’aise dans cette maison. J’ai perdu mes marques. Bingo me scrute de son œil vif, je le gratifie d’une caresse sur la tête qu’il me rend en me léchant la main de sa langue chaude et râpeuse. J’embrasse affectueusement les parents de Baptiste et adresse un léger signe de main à ses frères. Baptiste semble absorbé par ses pensées. Il grimpe l’escalier, moi aussi. Arrivé sur le palier juste devant la porte de son sanctuaire, il se fige. J’ai la sensation étrange que quelque chose ne tourne vraiment pas rond. Il tourne la clef dans la serrure car aussi étonnant que cela puisse me paraitre il ferme toujours sa porte à double tour avant de rejoindre la capitale comme pour protéger son sanctuaire. C’est peut être seulement un moyen pour lui d’avoir l’assurance que ses deux frères n’envahiront pas son espace vital en son absence. La chambre est toujours très ordonnée, un peu vide depuis que ses affaires ont investies notre appartement parisien. Son lit fait au carré et qui a été témoin de nos premiers ébats n’a plus autant d’attraction sur moi aujourd’hui. D’un coup d’œil rapide, je passe en revue la chambre de mon amoureux et pas de doute quelque chose cloche ! Mais quoi ? Je ne parviens pas à l’isoler clairement. Baptiste semble plus serein maintenant. Il met un peu de musique, un CD de Francis Cabrel que j’affectionne tout particulièrement. Il me pousse doucement en direction de son lit et je me laisse faire sans résister. Pourtant la sensation de mal être n’a pas disparue. Baptiste m’allonge délicatement sur les draps bleus, ils sont coordonnés à ses yeux. Il se penche au dessus de moi tout en restant debout et me scrute sans bouger. J’ai une envie folle de l’embrasser mais je ne veux pas mettre fin à la sensualité de l’instant. Après quelques secondes, Baptiste passe sa main droite dans mes cheveux et m’embrasse fougueusement. Pour la première fois, j’ai l’impression qu’il joue un rôle et ça me glace le sang. Le doute s’évanoui pourtant aussi rapidement qu’il m’est venu. Nous sommes bien tous les deux. La tension de ces derniers mois à Paris semble disparaitre peu à peu dans ce cadre si familier.

Sa mère nous appelle du bas de l’escalier, nous allons bientôt passer à table. J’adore ces moments partagés avec sa famille. J’ai vraiment la sensation d’y appartenir. Les moments simples du quotidien, voilà ce qui me rassure et m’apaise. Baptiste raconte sans se faire prier les nouvelles expériences qu’il vit au cours Florent, sa mère est captivée. Le repas est délicieux comme toujours. Nous n’avons rien prévu d’extraordinaire ce week-end.

Après une petite promenade à travers champs pour délacer Bingo, nous rentrons et nous glissons dans un bon bain chaud et mousseux. A cet instant je retrouve le Baptiste des premiers temps, protecteur et aimant. Cette salle de bain a toujours cet effet bénéfique sur moi. Finalement les choses ne sont peut-être pas si différentes entre Baptiste et moi. Pendant qu’il finit de se préparer face au miroir pour avoir une coupe de cheveux parfaite, je m’éclipse dans la chambre afin de me rhabiller ! Et là, une veste négligemment posée sur le dossier de la chaise du bureau de Baptiste attire mon attention. Elle a la couleur des vestes utilisées à l’armée, ce qui n’est aucunement du goût de Baptiste. Je m’approche intriguée par ce vêtement et ne peux résister à le prendre en main. Mon premier réflexe est de regarder l’étiquette. C’est une veste cintrée de femme taille 34 ! Des images affreuses affluent dans ma tête. J’ai beau chercher, la seule personne que j’arrive à imaginer portant ce vêtement c’est Stéphanie ! L’ex petite amie de Baptiste ! Une de ces filles contre qui dès le début de notre relation, je ne pensais pas pouvoir lutter ! Au fil du temps il avait réussi à me convaincre que ce genre de filles écervelées n’avaient été pour lui qu’une passade, mais maintenant mes doutes refont surface plus forts que jamais. Comme s’il s’agissait d’un produit toxique ou d’une maladie contagieuse, je m’empresse de jeter le vêtement sur la chaise où je l’ai trouvé. Baptiste pénètre dans la chambre. Mon sourire grimaçant cherche à cacher mes émotions. Baptiste comprend immédiatement qu’il se passe quelque chose. Sans lui laisser le temps de me questionner, je lui montre par un petit geste de la tête la veste mal repliée sur la chaise. Baptise ne parait pas contrarié mais n’oublions pas que c’est un acteur né. Il me sourit comme-ci j’étais la 8éme merveille du monde et sans hésitation il m’annonce que la propriétaire de cette veste n’est autre que son ex petite amie comme je l’avais tout de suite soupçonné.  Sa réaction me désarçonne, il n’a pas essayé de cacher quoique ce soit ! Donc, soit il n’a en effet rien à cacher, soit il cherche justement à me duper. Il sait que je vais lui demander ce que ce bout de chiffon taille 34 fait dans sa chambre alors naturellement il enchaine les explications :

- Stéphanie s’est disputée avec son petit ami, elle n’a pas de très bonnes relations avec son père et sa mère a déménagé dans le sud récemment. Elle ne savait pas vers qui se tourner et comme nous avons gardé de bons rapports depuis notre séparation même si je te l’accorde, on ne se voyait plus depuis longtemps, elle a pensé à moi. Elle est venue s’épancher sur mon épaule un dimanche soir où tu étais restée chez tes parents. Se confier lui a fait beaucoup de bien et en partant elle a oublié cette veste.

- J’ai beaucoup de mal à te croire Baptiste. Je voudrais faire comme-ci je n’avais aucun doute, mais ma confiance en toi a été ébranlée ces dernières semaines. Et même si elle t’a téléphoné uniquement pour te raconter ses malheurs, tu aurais dû refuser de là recevoir. Une ex petite amie qui vient raconter à son ex ses problèmes de couples, il n’y a rien qui te gêne ? Et de surcroit tu as omis de m’en parler ! Ça fait un peu beaucoup tout de même !

- Sarah ! Je savais que tu m’en voudrais et que tu ne comprendrais pas, c’est pour cette raison que je ne t’ai rien dit. Stéphanie ne représente plus rien pour moi. Et elle en est consciente. Je n’ai fait que là consoler rien de plus et si ça peut te réconforter sache que je lui ai demandé de trouver une autre épaule amicale pour pleurer à l’avenir. C’est toi que j’aime Sarah ! Toi !

J’aurais pu être complètement crédule et prendre tout ce que Baptiste m’avait raconté pour argent comptant mais une petite voix au fond de moi me disait de me méfier ! Je l’aimais toujours mais le doute avait maintenant pris une place dans mon cœur et le doute est un poison invisible et sournois qui ne compte plus ses victimes.

Première erreur-chapitre 46

Classé dans : Non classé — 19 janvier, 2015 @ 9:31

 Il doit être très tard ou très tôt, j’ai perdu toute notion du temps. Je suis couchée sur un lit toute habillée et j’ai un mal de crâne épouvantable ! Alex me sourit et m’apporte un verre d’eau et de l’aspirine ! Premier réflexe, je regarde mon portable ! Baptiste a essayé de me joindre au moins une dizaine de fois et m’a laissé 7 messages ! Il va me haïr c’est sur et il aura raison mais c’est une façon pour moi de lui faire payer tous ces weekends  où il me laisse seule ! J’ai la bouche pâteuse et les sens au ralenti mais je téléphone à Baptiste. Bizarrement il n’est pas en colère contre moi mais rassuré d’avoir de mes nouvelles ! Il s’est fait énormément de soucis ! Je le rassure et lui dis que nous nous retrouverons à la maison après nos cours respectifs ! J’ai trop mal à la tête pour assurer le trajet jusqu’à l’école et ma journée de cours alors je décide de rentrer à l’appartement et de me reposer jusqu’au retour de Baptiste !

Il est à peine 16 heure lorsqu’il passe la porte et je suis étonnée de le voir rentrer si tôt ! Il n’a pas vraiment l’air ravi de me voir ! Il est de plus en plus distant avec moi ! Il passe l’intégralité de ses journées entre son boulot et ses cours et même lorsqu’il pourrait avoir du temps libre avec moi, il s’arrange pour faire autre chose ! Quand il est à l’appartement, il passe de plus en plus de temps sur ces jeux vidéo … Je ne sais plus quoi faire, j’ai l’impression que nous allons droit dans le mur sans réagir ! Je l’aime toujours comme au premier jour mais notre vie à deux est devenue insupportable ! Nous ne partageons plus rien ensemble : repas, sortie … Ce soir-là, il est déjà 20 heure lorsqu’il se décide à lâcher sa manette ! Je suis épuisée et je sens que je ne supporterais pas cette situation plus longtemps !

Dans une dizaine de jours, je pars pour une semaine au ski avec l’école et la distance va peut-être nous permettre de faire le point et de mieux nous retrouver à mon retour.

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